Archives pour la catégorie Ethnologie

Ensemble des articles concernant l’ethnologie

Les Maitres Fous, de Jean Rouch

Après avoir vu Les Maitres Fous de Jean Rouch on ne peut que demeurer silencieux, et la réflexion mené par l’anthropologue au travers de son documentaire est inévitable.

 

Le film débute par un avertissement de la part du réalisateur. « Sans concession ni dissimulation » La cruauté et la violence de certaines scènes sont susceptibles de heurter la sensibilité des spectateurs, cependant Jean Rouch souhaitait les faire participer complètement au rituel de possession, qui montre indirectement comment certains africains se représentaient notre civilisation occidentale à l’époque de la colonisation.

 

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Philippe Geslin, Ethnologue des techniques

Entretien avec Philippe Geslin ethnologue et co-auteur avec Macha Makeïeff de la conférence-imagée Le crayon de dieu n’a pas de gomme.

Sommaire : Maurice Godelier – Anthropologie et ethnologie – L’anthropologie appliquée  –  L’anthropologie des techniques – André Leroi-Gourhan – Le milieu technique – L’appropriation, les usages – Les objets – Mémoire et progrès – Techniques et talisman – La restitution ethnographique – La photographie – Le récit.

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De la théorie [ou du terrain] au théâtre, présentation [ou cheminement] d’une autre forme de restitution ethnographique

Entretien avec Phillipe Geslin, anthropologue suisse, ayant travaillé chez les Soussous en Guinée Conakry.

 

L’anthropologie comme toute discipline évolue. Les années 1980 marquent une sorte de rupture et la fin d’une époque pour l’anthropologie, notamment avec Writing Culture de Clifford et Geertz qui remettent en question, certains fondements de la discipline. On oublie souvent de parler des anthropologues qui on été témoins de cette rupture, rupture que nous définirons plus comme une transition majeur de la discipline. Philippe Geslin fait partie de cette génération, ayant vécu et vivant encore ce passage de l’avant et après Writing Culture. Il fut notamment élève de M. Godelier, qui lui-même fut élève de Lévi-Strauss. De la théorie à la pratique, certains diront qu’il n’y a qu’un pas et c’est ce pas que franchit l’anthropologue sur le terrain, où il doit mettre en pratique ces théories apprises. Dans ce contexte et avec ce bagage théorique, le terrain ne se présente et ne s’aborderait plus de la même manière. Comment passe-t-on de l’approche théorique à cette mise en pratique ? Comment mener une enquête dans cette période post Writing culture ?

 

 

L’anthropologie est donc dans un moment singulier de son histoire. Pendant longtemps, se centrer sur soi pour mieux exister et se distinguer des autres disciplines des sciences humaines était prônée dans chaque science humaine et sociale. On remarque qu’aujourd’hui, de plus en plus d’anthropologues ont cette volonté d’ouverture vers les autres sciences humaines. Il y a une sorte de rejet de l’idée visant à les opposer entre elles, et que chacune grandisse dans son bocal (métaphore utilisée par Monsieur Lenclud). Ils préfèrent les penser et privilégier la complémentarité des unes et des autres. L’ouverture vers les autres disciplines vous semble-t-elle nécessaire pour l’avenir de l’anthropologie ?

 

 

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Se faire connaitre au-delà du milieu scientifique et intellectuel pourrait se présenter comme étant aussi l’autre ouverture pour la discipline. Après une petite enquête personnelle menée, on se rend compte que peu de gens savent ce que signifie le mot anthropologie et qu’une majorité fait seulement le lien avec l’étude de l’Homme ou encore, l’Homme tout simplement. On est obligé de passer par « l’intermédiaire sociologie » pour l’expliquer. Votre projet théâtral mené, avec la collaboration de Macha Makeïeff, entre dans ce cadre d’accessibilité à l’autre, de cette quête de vouloir se faire connaitre notamment avec la mise en scène de vos travaux sur les Soussous. Êtes-vous un précurseur de cette forme d’ouverture ? Est-ce un bon moyen de se faire connaître à un autre public ?

 

 

La littérature anthropologique (j’entends ici par ce terme, les écrits « romanesques » d’anthropologues) entre un peu dans ce cadre d’ouverture et d’accessibilité à tous, de la discipline. Dans ce que vous dites, l’avenir de l’anthropologie comprendrait aussi l’idée de se faire connaître autrement que scolairement, en se rendant accessible hors cadre scolaire. On peut citer l’exemple en Angleterre de Roy Lewis, et l’ouvrage traduit en français Pourquoi j’ai mangé mon père ?, où l’on voit qu’il reprend de façon humoristique et romanesque les grandes théories évolutionnistes. Ce livre si l’on veut s’attarder à une brève critique est très agréable à la lecture, se lit très vite et de surcroit est très drôle. Il présente cette particularité d’allier le ludique à l’enseignement. En se basant sur cet exemple et surtout sur votre projet théâtral, on peut se demander si l’autre enjeu de l’ouverture de la discipline ne serait pas de se faire connaître à cet autre public, en présentant autrement la restitution des données ethnographique ?

 

 

par Yannick Moeson

Yannick Moeson est étudiant en licence d’Anthropologie sociale et culturelle à l’université d’Aix-Marseille.

Une expérience africaine. Entretien avec Maurice Godelier 3/3

Entretien avec Maurice Godelier réalisé par Philippe Geslin à Paris, le 5 juin 2006, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, publié dans le la revue ethnographiques.org, (Numéro 10 – juin 2006)

L’anthropologie dans la société

Ph. G. Comment peux-tu expliquer le « déclin » ou, peut-être moins radicalement, l’altération de l’engouement pour l’Africanisme aujourd’hui ?

M. G. C’est très complexe. 80% de la population africaine vit dans les villes. L’Afrique des villages existe toujours. Les gens des villes ont toujours leur arrière campagne. Mais il y a un phénomène d’urbanisation, de prolétarisation important qui peut-être intéresse moins. De plus c’est une Afrique très difficile à vivre, faite de désastres, de maladies, d’épidémies, de guerres civiles. C’est plus compliqué d’y travailler que de travailler en Amazonie. Je ne dis pas que ce n’est pas devenu difficile de travailler en Océanie maintenant avec les guerres tribales qui s’y sont développées, la corruption et la quasi-faillite des Etats fabriqués après la seconde guerre mondiale et la conversion générale à un christianisme aux mille sectes diverses.

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L’ethnologie selon Claude Levi Strauss

Claude Levi Strauss définit l’ethnologie

Interviewé dans son bureau à Paris par Bernard PIVOT, Claude LEVI STRAUSS explique ce qu’il entend par ethnologie. C’est pour lui élargir la connaissance de l’homme en l’étendant aux sociétés les plus lointaines. Il s’agit de comprendre l’homme par la totalité de ses expériences et de ses réalisations.

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Une expérience africaine. Entretien avec Maurice Godelier 1/3

Entretien avec Maurice Godelier réalisé par Philippe Geslin à Paris, le 5 juin 2006, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, publié dans le la revue ethnographiques.org, (Numéro 10 – juin 2006)

Le Mali : Une expérience africaine

Ph. G. J’aimerais que l’on parle ici d’un aspect méconnu de ton parcours d’anthropologue. Celui qui t’a conduit au Mali, en 1960, dans le cadre d’une mission réalisée au titre de l’UNESCO.

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