[Chronique] Âmes Offensees – Le visage machiste de l’Inde

Chaque semaine, un invité vous livre sa vision du sujet #lesâmesoffensées dans une chronique diffusée dans l’émission Temps libre sur Radio Grenouille

Que connaît-on de l’Inde, quand on est Européen ? Sa cuisine, ses films Bollywood et les danses qui y sont associées… On parle moins de la condition des femmes dans ce pays. Elle est de fait synonyme de souffrance.

Les Indiennes sont soumises à la loi du plus grand nombre, à un carcan conçu par une société machiste.

Aujourd’hui, en Inde, le rapport statistique hommes – femmes est fortement déséquilibré. L’avortement sélectif est interdit depuis 1996 mais il est pratiqué pour éviter d’engendrer une fille – Elle est vue comme une contrainte financière : Tandis que le garçon est un symbole de réussite, la fille, elle, est un poids économique. Poids alourdi par la future dot qu’elle imposerait à sa famille.

Depuis plusieurs décennies, la tradition est pourtant prohibée.

Contre la disparition du deuxième sexe, le gouvernement fédéral indien à proposé en 2008 une allocation destinée aux familles qui garderaient et élèveraient leurs filles : deux conditions pour recevoir ce bonus – il faut que les filles ne soient pas mariées et continuent leurs études lorsqu’elles arrivent à l’âge de 18 ans. Mais ces campagnes n’ont pas le succès escompté : la plupart des recours à l’avortement sélectif proviennent en effet de classes sociales privilégiées qui n’ont pas besoin de l’aide de l’État.

Reste alors à mobiliser les dites brigades anti-fœticides… En Inde, certains membres de la Croix-Rouge se rendent dans des villages reculés et des fêtes de mariage avec pour mission de faire jurer aux femmes qu’elles n’avorteront pas si elles portent une fille, et ce grâce à l’influence de la superstition.

Sur cent femmes, 65 ont déjà subi des violences conjugales. Blessées dans leur honneur, les Indiennes n’ont – pour la plupart – pas les armes pour se défendre. Quant un mari meurt, il est admis que la femme porte malheur et doit être mise au ban de la société.

Mais, pour autant, le féminisme n’a pas dit son dernier mot – crimes intolérables obligent : voilà plus d’un an, en décembre 2012, un groupe s’insurgeait après le viol collectif d’une étudiante dans un bus de New Dehli. Cet événement a fait naître un mouvement féministe inédit en Inde. « N’osez pas nous dire comment nous habiller, à quelle heure du jour ou de la nuit sortir, comment marcher, ou de combien d’escortes nous avons besoin », proclama la leader du groupe. La chaîne de télévision de la capitale affichait alors en boucle le message suivant : « en Inde, une femme est violée toutes les 22 minutes ».

A constat alarmant, mobilisation de personnalités.

L’accession de Pratibha Patil à la présidence du pays est tout de même porteuse d’espoir. C’est la première femme qui est allée si haut en politique, emboîtant ainsi le pas à Indira Gandhi, première ministre indienne pendant treize ans : à croire que les combats courageux livrés dans les milieux intellectuels et politiques finiront par porter leurs fruits …

Lauriane Morel

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