[Chronique] Dystopie tchétchène

Chaque semaine, un invité vous livre sa vision du sujet #lesâmesoffensées dans une chronique diffusée dans l’émission Temps libre sur Radio Grenouille

A l’heure où les olympistes du monde libre se retrouvent au bord de la Mer Noire, non-loin de là, un bout de montagne hurle encore dans les grands mystères indicibles du silence. Quelques secousses explosives rappellent que les Tchétchènes veulent exister hors du quart des terres émergées de la planète.
Ils se savent damnés. Voilà plus de cinq-cents années que l’acharnement pousse dans les artères de la violence le sang libérateur jusqu’au cœur du chaos sans nom et sans fin.

Pourtant, aux portes du vieux continent, ce cadavre animé trouble à peine la fable des saints gouvernants. Sur un parchemin d’ego, les gens de l’Ouest ont parafé des lignes qui bénissent les âmes pour des siècles et des siècles.

« Guerre chaude, guerre froide et puis guerre lasse » sont passées, comme disait l’autre cantateur écorché vif. Mais le pays aux cinq lettres cyrilliques continue de s’offenser : Ч / Е / Ч / Н / Я.
Чечня.
Tchétchénie.

La grande question de l’endurance humaine face aux tortures, tout aussi humaines, se pose ici à l’échelle d’un peuple. Sur l’escabeau du Caucase, les marches d’un rêve d’Itchkérie à jamais perdu ne mènent plus qu’à cet échafaud destiné aux maquisards d’Allah, sur lesquels s’abat la guillotine-Poutine.
La toile du Kremlin se tisse dans l’esprit de toutes les Russie. Elle parcoure les cavités laissées par le polonium du tsar rouge en diffusant un doux parfum opioïde des dêmos kratos.

Ramzan, Ramzan, Ramzan.
Ton messager morbide, ton chien fou aux aspirations du Roi Soleil. Sais-tu ce qu’il fait au peuple du loup et de la lune? Oui, tu le lui as ordonné.
Mais attention, mon cher et détesté Vladimir Vladimirovitch, la bride est lâchée et bientôt les flammes en putréfaction viendront te lécher jusque dans ta forteresse écarlate.

Entends donc l’hymne de ceux que tu n’achèveras jamais :

La nuit où les loups sont nés,
À l’approche de l’aube, les lions rugissaient
Nous sommes alors arrivés,
Du fond des âges, dans ce monde hostile.
Depuis, nous ne plaisons à personne,
Mais nous avons conservé notre dignité.
Des siècles durant, nous nous sommes assurés
Par la lutte, la liberté ou la mort.
Et même si les montagnes de pierre
Brûlent dans le feu des batailles
Aucune horde au monde
Ne nous mettra à genoux.

par Laurie-Anne Toulemont

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